
Un nouveau mouvement politique voit le jour en Principauté: Génération Monaco dévoile ses intentions
Nul doute qu’il réapparaîtrait dans le paysage politique. Élu au Conseil national entre 2018 et 2023, président au cours de cette mandature de la commission Éducation, Jeunesse et Sports puis de celle des Intérêts Sociaux, Marc Mourou a cultivé pendant cinq ans ce goût pour la chose publique, à la fois par atavisme familial (son père Michel-Yves Mourou a été conseiller national pendant de longues années) et avec l’envie de s’investir pour son pays.
En 2023, l’alliance de son parti d’origine Primo! avec les autres groupes pour constituer L’Union n’augurait, selon lui, rien de bon. Il avait fait le choix de sortir des radars politiques, reprenant son activité d’entrepreneur dans le e-commerce jusqu’à lundi soir pour officiellement baptiser Génération Monaco.
Quatre anciens élus dans l’équipe
Ce mouvement politique dont il assure la présidence, Marc Mourou, l’a décrit aux sympathisants présents dans les salons du Novotel pour écouter sa présentation comme une entité « pour et avec toutes les générations de notre pays, pour dépasser tous les clivages et rassembler tous les Monégasques qui ont envie de travailler pour la Principauté et partagent un socle de valeurs communes: intégrité, transparence, intérêt général. »
Les statuts de Génération Monaco (GEN) ont été déposés en novembre. Puis les réunions ont commencé dans l’ombre pour composer un comité directeur qui compte trente membres. Certains ont été dévoilés ce lundi, dont trois anciens conseillers nationaux de la mandature 2018/2023: Jean-Charles Emmerich, Pierre van Klaveren et Pierre Bardy.
« Être sur le terrain bien en amont »
« Nous avons dans notre équipe des Monégasques de toutes les professions, de tous les âges. Un groupe soudé, des gens sérieux, travailleurs, impliqués » promet Marc Mourou, 38 ans, à la tête de ce mouvement qui a attiré près de 300 personnes à sa soirée de lancement. Toutes et tous invités à adhérer (10 euros la cotisation) à l’entrée de la salle. Une manière de constituer d’emblée, l’assise de ce parti qui entend défendre l’idée de faire différemment de la politique en Principauté.
« Nous trouvons assez surprenant que les mouvements politiques démarrent leur activité trois à six mois avant les élections. Notre approche est différente, pour être sur le terrain bien en amont, travailler et construire un programme réaliste et réalisable » annonce le président estimant avoir « du pain sur la planche » pour ce projet qui s’inscrit dans le temps long. Trois ans avant les prochaines élections nationales, où l’objectif de présenter une liste sous la bannière GEN ne fait guère de doute.
La soirée de lancement du mouvement, où l’équipe entendait aussi redonner l’espoir aux désabusés de la politique a permis de donner quelques pistes de réflexion sur la philosophie GEN, qu’il s’agira de muscler dans les prochaines semaines.
Le leitmotiv étant de s’investir pour la Principauté. « Nous sommes dans un beau pays où on a beaucoup de chances d’être né, d’y travailler, d’y évoluer. On peut toujours faire mieux, on doit toujours faire mieux. Surtout quand on s’appelle Monaco, on a un devoir d’excellence. »
« Nous avons trois ans pour construire un projet qui deviendra un programme »
« Nous sommes un mouvement politique et non une liste électorale », prévient Pierre van Klaveren. L’ex-conseiller national, membre du bureau de Génération Monaco est monté à la tribune lundi soir pour expliquer la philosophie du mouvement qui veut s’inscrire dans la durée. « Nous nous engageons avec conviction pour obtenir des avancées politiques dont la mise en place ne se limiterait pas à un mandat de cinq ans. Et oser prendre des décisions prospectives dont l’impact ne serait visible que sous cinq à dix ans ou plus. »
Partageant le micro, quatre membres du mouvement naissant ont détaillé leurs ambitions. Listant trois « points pressants » sur lesquels travailler à Monaco, le président de Génération Monaco a pointé pêle-mêle la nécessité d’un accès aux soins plus efficace pour les habitants, en rompant les délais d’attente de plusieurs mois pour consulter un spécialiste; le besoin d’amplifier le rôle social de la SBM. Ou encore la nécessité d’organiser l’attractivité économique. « On ne peut pas aspirer à être Dubaï ou Singapour pour tous les sujets. Il faut avoir une colonne vertébrale, un plan directif où on connaît nos atouts » estime Marc Mourou. Sa proposition la plus applaudie? Celle de réfléchir à un nouveau rythme scolaire, calqué sur les modèles anglo-saxons où les enfants finiraient plus tôt les cours pour pratiquer des activités culturelles et sportives. Ovation de la salle, où se mélangeaient les proches des membres du comité directeur et quelques discrètes figures politiques de ces vingt dernières années, comme Michèle Dittlot ou Jacques Rit.
« Créer une vie politique constante »
« À Monaco, nous sommes une grande famille et notre force réside dans notre capacité à être soudés avec nos différences », a souligné Aude Berlin, vice-présidente de Génération. « Nous avons trois ans pour construire un projet qui puisse répondre à des priorités nationales et qui deviendra par la suite un programme ambitieux et réalisable. Et nous souhaitons que chaque Monégasque se sente entendu et valorisé. »
Pas de phrase assassine, ni de pique franche vers les élus actuels du Conseil national? Un climat qui diffère des réunions politiques ordinaires. Si ce n’est l’ex-conseiller national, Jean-Charles Emmerich, lui aussi vice-président de Génération regrettant que des mouvements politiques « bourgeonnent » avant chaque élection pour hiberner ensuite pendant quatre ans et demi. « Génération Monaco va proposer un projet ambitieux et novateur: créer une vie politique constante en mettant les Monégasques au centre des discussions. Nous organiserons deux à trois réunions publiques par semestre. Notre volonté n’est pas seulement d’être en capacité de présenter une liste aux élections, mais de construire un mouvement qui va s’inscrire dans le temps. »
Source : Monaco Matin – C.V.
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