
Infrastructures saturées, manque d’espaces et absence d’équipements adaptés : le mouvement Génération Monaco consacre sa 4e soirée-conférence à la pratique sportive en Principauté
La quatrième soirée-conférence portée par le nouveau mouvement politique de Marc Mourou s’est attardée sur le sport monégasque. L’occasion de prendre le pouls et de mettre en lumière des améliorations attendues.
Il est 18 heures, passées de 20 minutes lorsque Marc Mourou, après avoir chaleureusement accueilli une centaine d’invités, fait son entrée dans les salles du Novotel. Après la santé, l’attractivité et l’éducation, le président du nouveau mouvement politique fondé en début d’année a choisi de s’attarder sur le sport pour sa quatrième soirée-conférence.
Une soirée aux allures de réunion publique au cours de laquelle plusieurs acteurs du milieu ont pris la parole face au public. « C’est un thème primordial, estime l’ex-conseiller national. Surtout l’année où Monaco est capitale du sport. Il y a des choses extraordinaires qui sont déjà en place, on le réalise, mais il y a encore à améliorer. Je pense aux infrastructures qui sont un vrai casse-tête à Monaco. Il y a beaucoup de pratiquants et très peu de place. On doit trouver des solutions parce que tout le monde y marche dessus. Globalement, il y a tout de même un vrai potentiel pour le sport à Monaco que ce soit en loisir, en compétition et même financièrement, pour que cela profite à la Principauté. »
« Monaco est une terre de performances »
Membre du comité directeur de Génération Monaco et président du comité padel de la région PACA, Christian Collange a ouvert les hostilités, micro en main, en faisant l’état des lieux du sport à Monaco. L’un des « piliers » du pays aux 50 disciplines, 38 fédérations et plus de 70 associations sportives et clubs. « Le sport occupe une place essentielle à Monaco qui est une terre de performances. La cité-État est aussi un laboratoire d’excellence sur de nombreux événements qui font rayonner la Principauté à l’international comme le Grand Prix de F1 ou le Rolex Monte-Carlo Masters. »
Dans un deuxième temps, une poignée de personnalités du sport monégasque ont pris la parole. À commencer par Kimberly Arnulf, directrice technique de Femina Sports, un club centenaire consacré à la gymnastique. « Nous avons de plus en plus de demandes au sein de nos salles de gymnastique mais les créneaux qui nous sont accordés sont de plus en plus courts. Et pour preuve, le taux horaire de nos cours, entre 2002 et 2025, a diminué d’un tiers. On avait le droit à des cours d’une heure et demie, aujourd’hui la demande est telle qu’on ne peut proposer, au mieux, que des cours d’une heure et quart voire une heure. Cela a des conséquences dans la lutte contre l’obésité et provoque aussi une hausse de l’hyperactivité chez les jeunes. »
« Le taux horaire de nos cours a diminué d’un tiers entre 2002 et 2025 »
La responsable du club pointe également du doigt l’oubli autour du sport du troisième âge. « C’est impossible de développer en gymnastique à Monaco malgré une forte demande. On a dû instaurer une liste d’attente. »
Selon elle, la solution passerait par des espaces supplémentaires : « qui doivent être trouvés. Le travail le dimanche pourrait être une autre. Nous pourrions développer des activités loisirs pour donner de l’air à la structure en semaine. Cela voudrait naturellement créer davantage de personnel et donc plus de ressources financières. Sauf qu’on ne peut pas augmenter les cotisations annuelles qui sont déjà élevées. »
Après quelques mots de Lisa Caussin-Battaglia, Laurent Puons et Benjamin Ballerec, c’est Marie Timin, ancienne joueuse de tennis professionnelle, qui a pris la parole face au public. Victime d’un accident domestique et devenue tétraplégique, elle ambitionne de participer aux Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028. Soulevant le voile, elle pointe du doigt le manque d’infrastructures et d’encadrement à disposition des athlètes en situation de handicap. Et ce, malgré huit associations dédiées à la pratique du sport pour les personnes en situation de handicap à Monaco.
« Ici il n’y a pas vraiment de terrains adaptés, déplore la résidente monégasque qui s’entraîne au complexe des Combes à Nice. Les terrains sont principalement en terre battue et le revêtement est une difficulté supplémentaire pour nous qui roulons moins bien sur la terre. »
Un pôle handicap pour chacune des disciplines sportives ?
Elle poursuit : « Là où je m’entraîne, tout est pensé pour les personnes en situation de handicap. Il y a des accès adaptés, un endroit où on peut stocker notre matériel et surtout un entraîneur spécialisé. On a une équipe de PMR avec qui on peut réserver un créneau chaque semaine. Toutes ces choses ne peuvent malheureusement pas se mettre en place à Monaco, mais ce sont des avantages énormes pour nous. On se sent qu’on fait partie intégrante du club et qu’on n’est pas différents des autres. »
Enfin l’athlète handisport propose de créer « un pôle handicap pour chaque discipline » et que tout soit mis en place pour qu’une personne à mobilité réduite puisse exercer son sport sans se poser de question.
En dernière partie de soirée, les intervenants du soir et Marc Mourou ont répondu aux interrogations du public en lien avec la thématique du jour.
Source : Monaco Matin – Yannis Dakik