Marc Mourou lance un nouveau mouvement politique baptisé Génération Monaco

A l’occasion d’une réunion publique organisée dans la soirée du 3 février, Marc Mourou a présenté son nouveau mouvement politique : Génération Monaco. Dans cette initiative, il est entouré d’Aude Berlin (vice-présidente du mouvement), et d’anciens conseillers nationaux : Pierre Van Klaveren, Pierre Bardy, et Jean-Charles Emmerich.

Ils ont décidé de prendre les devants… Dans la soirée du 3 février, devant environ 300 personnes réunies au Novotel, Marc Mourou et ses alliés ont annoncé le lancement d’un nouveau mouvement politique. Son nom : Génération Monaco. Alors que les prochaines élections nationales monégasques n’auront lieu que dans trois ans, pourquoi cet ancien élu du Conseil national âgé de 38 ans (1) a-t-il décidé de se (re)lancer si tôt dans l’arène politique ? « C’est un choix totalement assumé. Nous avons toujours trouvé étonnant que les mouvements politiques ne commencent leur activité que trois à six mois avant les élections, a-t-il expliqué devant l’assistance. Cela les oblige souvent à nouer des alliances ou à prendre le risque de ne pas réunir 24 candidats sur leur liste. Notre démarche est différente : nous sommes présents dès maintenant, sur le terrain, pour travailler avec vous et construire un programme réaliste et réalisable, en plaçant les sujets essentiels pour Monaco au cœur de nos préoccupations ».

Un programme électoral en construction

Dans cette aventure politique, Marc Mourou a pris comme compagnons de route, Aude Berlin (vice-présidente du mouvement), et d’autres anciens conseiller nationaux : Pierre Van Klaveren, Pierre Bardy et Jean-Charles Emmerich. « Notre comité directeur compte environ 30 personnes, soit le maximum autorisé par les statuts, a encore précisé Marc Mourou. Il réunit des Monégasques de toutes professions : des fonctionnaires, des entrepreneurs, des salariés du privé, mais aussi des professions libérales. Il reflète également une grande diversité générationnelle. Le plus jeune a 24 ans, mais il y a aussi des personnes de 30, 40, 50 et 60 ans. Toutes les générations sont représentées. » Selon Jean-Charles Emerich, Génération Monaco organisera des rencontres publiques régulières, deux à trois fois par semestre. « Ces rencontres successives permettront aux instances de notre mouvement politique, à savoir son comité directeur, son bureau exécutif, et nos groupes de travail, de pouvoir travailler sur tous les sujets. » L’objectif étant de construire un programme électoral pour les prochaines élections nationales.

Santé : des délais d’attente trop longs

 Parmi les priorités de Génération Monaco, on retrouve la santé. « Nous souhaitons avant tout améliorer l’accès aux soins pour les habitants de Monaco. Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, de nombreuses spécialités médicales sont saturées. Les délais d’attente pour consulter un pédiatre, un ORL, un dermatologue ou encore un psychiatre, entre autres, sont devenus excessivement longs. Attendre 3, 4 ou 5 mois pour un rendez-vous est inacceptable pour un résident monégasque, a rajouté Marc Mourou. Par ailleurs, de nombreux médecins libéraux nous ont fait part de leurs difficultés : le manque de temps les empêche d’échanger pleinement avec leurs patients. Autrefois, la relation médecin-patient incluait une dimension humaine et sociale essentielle, avant et après l’examen médical.  Nous sommes fiers d’accueillir tout le monde et de maintenir un niveau d’excellence pour tous, y compris les patients extérieurs. Toutefois, cette ouverture ne doit pas se faire au détriment de la qualité des soins pour les résidents monégasques. » Concernant l’attractivité de la Principauté, Marc Mourou a appelé à une vision équilibrée : « Il faut savoir choisir ses combats. On ne peut pas aspirer à être Dubaï ou Singapour sur tous les sujets. Il y a des choses qu’il faut bien évidemment améliorer, mais il faut aussi avoir une colonne vertébrale. »

Revoir les rythmes scolaires

Le président de Génération Monaco a également insisté sur l’éducation. Si les résultats académiques sont globalement excellents à Monaco, Marc Mourou estime qu’il est nécessaire d’aller au-delà des chiffres. « Nous sommes très heureux que le taux de réussite au baccalauréat avoisine les 99 %, avec près de 80 % de mentions. C’est formidable, mais le bac, aujourd’hui, est dévalué. Ce qui compte vraiment, c’est de savoir si nos étudiants intègrent les écoles qu’ils visent ? Trouvent-ils des débouchés ? Peut-on leur offrir, à leur retour, le métier de leurs rêves à Monaco ? »

Cet ancien élu plaide aussi pour une réflexion sur les rythmes scolaires, en s’inspirant d’autres modèles (britannique, danois, américain, norvégien notamment) : « Même si le baccalauréat est un diplôme français, Monaco reste un État souverain. J’insiste bien sur ce point-là. Regardez les systèmes anglo-saxons et scandinaves, où les cours se terminent à 15h, laissant du temps aux activités culturelles, artistiques et sportives qui favorisent leur épanouissement personnel. Ces jeunes réussissent tout aussi bien que dans les pays d’Europe du Sud où les journées sont interminables. » Mourou a rappelé enfin la nécessité d’aller plus loin sur l’égalité homme-femme, notamment en matière salariale et de congés parentaux : « Les modèles d’Europe du Nord et anglo-saxons ont beaucoup avancé sur ces sujets. Monaco a fait des progrès, mais il reste encore des ajustements à faire pour améliorer la vie des familles monégasques et résidentes. »

(1)  Marc Mourou a été élu en 2018 sur la liste Priorité Monaco (Primo !) portée par Stéphane Valeri. Marc Mourou a été d’abord Président de la Commission de l’Education, de la Jeunesse et des Sports (CENJS) puis Président de la Commission des Intérêts Sociaux et des Affaires Diverses (CISAD). 

Source : L’Observateur de Monaco – Sabrina BONARRIGO
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