
Discipline loisir, handicap, préjugés… Génération Monaco donne la parole à ceux qui font le sport
Le parti politique de Marc Mourou a tenu sa quatrième et dernière soirée-conférence de l’année hier au Novotel. Un panel de cinq intervenants s’est exprimé sur la thématique du sport, qu’il soit loisir, professionnel, inclusif, business ou au féminin. Ces témoignages inspirants ont nourri les applaudissements de la salle comble.
Après la santé, l’attractivité et l’éducation, c’était au tour du sport de clôturer une année de lancement intense pour le parti politique de Marc Mourou. Le président a rappelé tout l’intérêt de ces soirées-conférences : « Un de nos objectifs était de relancer l’activité politique à Monaco. C’est chose faite. Il n’y a aucune propagande, ce sont des échanges vrais et authentiques avec le public ».

© Génération Monaco
Hier soir, Christian Collange de Génération Monaco a dressé un état des lieux du sport sur le territoire, fort de 38 fédérations sportives et de 80 associations sportives et clubs. Il a rappelé que « le sport est un langage universel, un secteur social, un outil de cohésion et incontestablement un moteur de transformation personnelle et éducative ».
Puis, il a laissé la parole à la première intervenante de la soirée, Kimberly Arnulf, directrice technique du Fémina Sport et membre de commission à la Fédération internationale de gymnastique. Cette dernière a axé son propos sur la recrudescence des demandes pour le sport loisir et la pénurie de créneaux disponibles au sein des installations sportives.

Kimberly Arnulf © Génération Monaco
« Entre 2002 et 2025, notre taux horaire de base, c’est-à-dire le cours qu’on propose aux loisirs, a diminué d’un tiers à cause des problèmes de créneaux », explique la coach, qui a également évoqué le sport loisir pour les seniors, « un domaine oublié », qui n’est pas développé sur le territoire.
Lisa Caussin-Battaglia, pilote de jet-ski à bras, trois fois vice-championne des World Series IJSBA et « première femme monégasque à être reconnue sportive de haut niveau à Monaco dans un sport mécanique » lui a succédé. La jeune trentenaire a livré un récit dynamique sur sa trajectoire de femme dans le sport et sa lutte contre les préjugés.

Lisa Caussin-Battaglia © Génération Monaco
« On m’a dit que j’étais trop vieille quand j’ai commencé à 16 ans, puis que j’étais trop vieille pour continuer. Quand j’ai gagné, on m’a dit que c’était parce que j’étais dans une catégorie féminine et que c’était plus facile. Alors je me suis inscrite chez les hommes ! » a-t-elle partagé avec beaucoup d’humour.
La sportive a ensuite dressé un constat élogieux sur l’accompagnement des jeunes dans le sport grâce à la mise en place d’horaires aménagés par la direction de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports dans le secondaire. Sur l’importance des études lorsqu’on est athlète, Lisa Caussin-Battaglia a insisté sur le fait que les deux n’étaient pas antinomiques : « Avoir un diplôme en fait, ce n’est pas un plan B, c’est une sécurité, c’est une force, et c’est aussi une liberté ».

Laurent Puons, General Manager du Sportel et Sportel Awards et président de la Fédération monégasque de boxe, a évoqué le « hub sportif » que représente la Principauté malgré sa petite taille, reconnaissant que « le meilleur ambassadeur du sport » localement reste le prince Albert II.
Il est ensuite revenu sur les attentes du public de contenus sportifs, qui veut « consommer n’importe où, n’importe quand, sur n’importe quel appareil ». Les habitudes évoluent et aujourd’hui, les chaînes FAST (Free Ad-Supported Streaming Television) ont la cote.

Laurent Puons © Génération Monaco
« Les personnes préfèrent visionner de la publicité plutôt que de payer. Même les Américains qui étaient habitués à payer leurs chaînes se désabonnent », rapporte Laurent Puons, qui souligne un autre phénomène, celui de la préférence pour les highlights. Le consommateur ne regarde plus l’intégralité d’un match mais seulement les moments forts. « Aujourd’hui, c’est un véritable débat. Les droits d’un contenu sportif qu’on allait payer peut-être un million d’euro se chiffrent désormais en dizaines de milliers d’euros », souligne le General Manager du Sportel.

Benjamin Balleret © Génération Monaco
Ancien professionnel monégasque de tennis ATP et coach de Valentin Vacherot, Benjamin Balleret a quant à lui rappelé l’importance des clubs et associations, ainsi que des éducateurs : « Donnons de la matière à ces formateurs. Alors aujourd’hui, cela passe peut-être par rénover des infrastructures, du matériel, de la formation pour ces éducateurs, ou tout simplement en embauchant davantage ».
Il s’est également confié sur le parcours d’un athlète, jonché « de moments de doute et de moments difficiles ». L’entourage joue un rôle prépondérant dans ces circonstances pour croire en l’aboutissement du projet sportif. Dans le cas de nombreux amateurs qui tendent à se professionnaliser, « l’argent reste le nerf de la guerre ».

« Le gouvernement, les fédérations, le comité olympique, vont essayer de suivre mais ils ne peuvent pas tout prendre en charge. Il faut aller chercher les investisseurs, les sponsors. Avec Valentin, nous avons galéré pendant quelques années avant de trouver ceux qui nous ont suivis, et franchement, je ne les remercierai jamais assez, parce que sans eux, je ne sais pas si Valentin serait à ce niveau-là aujourd’hui », a confié Benjamin Balleret.
Une athlète en lice pour les Jeux paralympiques de LA 2028
Séquence émotion garantie pour le dernier témoignage de la soirée, celui de Marie Temin. Ancienne joueuse professionnelle WTA chez les valides, la jeune femme s’est fait la voix des handisports. « Il y a trois ans, ma vie a basculé. Un accident domestique m’a rendue tétraplégique et en un instant, tout s’est effondré », a-t-elle expliqué. Avant cela, la tenniswoman était la 20e française, classée parmi les 500 meilleures mondiales.
En lice pour se qualifier pour les Jeux paralympiques de 2028 à Los Angeles, Marie Temin, résidente monégasque, s’entraîne désormais à Nice. Elle explique : « Il y a des accès adaptés, des cours adaptés, un espace où l’on peut stocker les fauteuils, mais surtout, il y a un entraîneur spécialisé dans le handicap. Nous avons aussi une équipe de PMR avec laquelle nous disposons de créneaux réservés plusieurs fois par semaine ».
Avant d’ajouter : « Toutes ces choses qui sont peut-être anodines pour beaucoup sont finalement des avantages énormes pour nous parce qu’on voit que le handicap fait partie intégrante du club et on ne se sent pas différent ».

Marie Temin à gauche © Génération Monaco
La jeune femme a également partagé son point de vue pour améliorer la place des handisports en Principauté. « Je pense qu’à Monaco, il faudrait peut-être déjà créer un pôle handicap pour chaque discipline et que tout soit mis en place pour qu’une personne à mobilité réelle puisse exercer son sport sans se poser de questions », a-t-elle déclaré.
En guise de conclusion, la jeune femme a rappelé : « On n’est jamais préparé à un accident. La vie peut basculer en une fraction de seconde et c’est aussi ce message que je voudrais faire passer ce soir : on connaît le handicap vraiment lorsqu’on y est confronté ».
La dernière soirée 2025 de Génération Monaco s’est achevée sur des questions-réponses avec le public. Marc Mourou a toutefois promis : « L’ambition est de couvrir tous les sujets de la société monégasque. En 2026, nous continuerons de proposer cela. De nouveaux formats vont arriver. On vous concocte de belles surprises ».
Source : La Gazette – Délia KRIEL
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