Intelligence artificielle : quelle place pour l’humain ?
Pour sa 8e soirée-conférence, Génération Monaco avait convié le public au Novotel pour discuter d’intelligence artificielle avec un panel de 5 intervenants. Médecine, éducation, cadre légal… Comment cette technologie révolutionne ces différents volets de la vie professionnelle et personnelle ? Eléments de réponses…
24 septembre 2026, 16h05

L’année 2026 aura été bien remplie pour le parti politique de Marc Mourou qui tenait hier soir déjà sa 4e conférence depuis janvier. Après la culture, l’environnement ou encore la défense et sécurité, c’était au tour de l’intelligence artificielle d’être au cœur des débats.
Pourquoi lui dédier une soirée ? Tout simplement, « parce qu’elle est en train de révolutionner nos modes de vie et notre quotidien, que ce soit dans le monde professionnel comme personnel », justifie Marc Mourou.

© Génération Monaco
Il ajoute : « C’est un développement incroyable qui est en train de s’opérer grâce à ses nouvelles technologies lesquelles comportent néanmoins des risques et des conséquences, notamment pour les nouvelles générations. D’où la nécessité d’avoir toujours recours à cette intelligence artificielle à bon escient ».
Après une présentation générale du digital et de l’IA assurée par Anthony Boccone, responsable de la Maison du Numérique, et Fabien Agliardi, administrateur délégué dans le domaine du digital, les deux membres du comité directeur de Génération Monaco ont laissé le pupitre aux 5 intervenants, venus témoigner de l’impact de l’intelligence artificielle dans leur métier.

Thierry Leray, président délégué du groupe Telis © Génération Monaco
Thierry Leray, président délégué du groupe Telis et « acteur incontournable du numérique depuis 25 en Principauté » a introduit les débats avant de laisser la place à David Sirour, vice-président de la chambre monégasque du numérique et gérant fondateur d’Homisis à Monaco.

David Sirour, vice-président de la chambre monégasque du numérique © Génération Monaco
Dans le domaine médical, l’intervention du Dr. Félix Zamaron, médecin anesthésiste praticien hospitalier du CHPG a été particulièrement riche. Si « l’IA permet de déceler ce que l’œil humain ne serait pas capable de voir, attention, elle fait aussi des erreurs, d’où l’importance d’une expertise humaine derrière ».

Dr. Félix Zamaron, médecin anesthésiste praticien hospitalier au CHPG © Génération Monaco
De même, Selin Togan, psychologue clinicienne à Monaco et spécialisée en petite enfance et accompagnement familial, a tiré la sonnette d’alarme. 80% de ses patients sont aujourd’hui des enfants qui ont des difficultés liées au digital et à l’intelligence artificielle.
Déformation de la perception de la réalité, complexes physiques chez les jeunes filles, addiction et troubles divers liés à la surconsommation des écrans… Ces problèmes engendrent de réels conflits intrafamiliaux.

Selin Togan, psychologue clinicienne © Génération Monaco
Son conseil ? « Retrouver un rythme qui n’est pas de l’instantanéité et de l’immédiateté. Nos vies sont dictées par le digital et le numérique, ce qui cause des troubles d’agitation dès l’âge de 2 ans ! Il faut ralentir la cadence de la vie et prendre le temps ».
Madina Ibrahimkhel, avocate spécialisée en droit des affaires, est quant à elle revenue sur l’encadrement légal de l’intelligence artificielle, interrogeant sur la responsabilité le jour où cette dernière commettrait une erreur…

Madina Ibrahimkhel, avocate en droit des affaires © Génération Monaco
S’il ne faut « pas rater le train de l’IA », tous les intervenants s’accordent à dire que le rôle de l’humain reste essentiel. Marc Mourou confirme : « Il ne faut pas se laisser aller au tout machine, c’est l’enjeu des prochaines décennies ». Il a ensuite conclu : « On ne sera jamais la Silicon Valley à Monaco, mais nous possédons de nombreux atouts et l’IA doit rester une aide à l’humain ».
La dernière soirée-conférence de l’année aura lieu le 1er décembre prochain, autour d’une thématique particulièrement de saison à l’approche des fêtes de fin d’année : « Famille et société à Monaco ».
Délia KRIEL
