La Gazette - Défense et sécurité : « Qui aurait cru il y a quelques mois que des résidents seraient rapatriés ? »

Déjà plus d’un an que Génération Monaco a été officiellement lancé. Après avoir tenu différentes soirées à thèmes, comme sur l’environnement en avril dernier, c’était au tour de la sécurité intra-muros et de la défense « sur le plan géopolitique » d’avoir droit à leur conférence.

« Qui aurait cru il y a quelques mois que Dubaï, les Émirats arabes unis, ou encore le Qatar seraient sous les bombes, avec des résidents rapatriés et des touristes bloqués, sachant que la sécurité a toujours été leur facteur d’attractivité numéro 1, comme pour Monaco », interroge Marc Mourou.

Parce que personne n’est « à l’abri d’une cyberattaque, de terrorisme ou d’ingérence étatique », l’objectif de cette soirée était de « savoir comment Monaco anticipe les conflits, évolue sur la scène internationale et se protège en cas d’attaque », a-t-il rappelé.

Conférence de Génération Monaco

© J-P Debernardi – Génération Monaco

Le président de Génération Monaco a laissé la parole à Ludmila Diato, « une brillante étudiante monégasque diplômée d’un master 2 en géopolitique et sécurité internationale ayant publié son mémoire d’études aux éditions du Cygne », que nous avions pu rencontrer.

La jeune femme a expliqué dans son discours introductif : « Qu’elles soient physique, numérique, financière, sanitaire ou privée, la sécurité et la défense à Monaco ont toujours été des facteurs d’attractivité ».

Elle a ensuite rappelé que « les rapports sécuritaires et de défense entre Monaco et la France se basent sur le traité d’amitié protectrice de 1918, modifié le 24 octobre 2002, qui s’articule dans une logique de protectorat ».

Conférence de Génération Monaco

© J-P Debernardi – Génération Monaco

Ce traité stipule que la France assure à Monaco la défense de son indépendance, de sa souveraineté et garantit l’intégrité de son territoire. Il prévoit également l’intervention des forces françaises en cas de nécessité en Principauté.

Ludmila Diato a ajouté que l’accord de 2007, relatif à la mise à disposition de policiers français à l’occasion d’évènements particuliers — comme les matchs de football —, ainsi que le dispositif de sûreté aérienne pour la protection de hautes personnalités et, de manière générale, pour tous les grands évènements, sont venus compléter ce traité. Ce dispositif vise à protéger l’ensemble de l’espace aérien monégasque contre des attaques d’avions fantômes ou de drones non identifiés.

Après avoir rappelé que sur le territoire, trois structures distinctes mais complémentaires assurent la défense et la sécurité à Monaco — Force publique, Sûreté publique et police municipale —, la jeune femme a laissé la parole à cinq experts dans le domaine.

Conférence de Génération Monaco

© J-P Debernardi – Génération Monaco

Marine Marchetti, conjointe de Monégasque et Enfant du Pays, qui a passé 10 ans à la police scientifique de Monaco, a notamment évoqué le rôle de la Principauté dans la création d’Interpol — qui réunit aujourd’hui 196 pays membres — en 1914 : « C’est un micro-État qui avait déjà compris que la criminalité dépassait les frontières ».

C’est ensuite Philippe Bosio, résident et ancien adjudant-chef au corps des sapeurs-pompiers de Monaco, qui a dressé l’historique de cette structure : « Elle compte aujourd’hui 166 militaires dont une femme », soulignant ainsi « une grosse amélioration ».

Au tour de Joffrey Laberche, ancien agent de police à la Sûreté publique et officier de sécurité, de souligner « l’exposition permanente de Monaco, une place touristique en période estivale et lors des grands évènements », comme à l’occasion du Grand Prix le week-end dernier.

Un Enfant du Pays, administrateur militaire et spécialiste du soutien pour les opérations armées en France, qui a souhaité que son anonymat soit préservé, est également intervenu. Ce dernier s’est montré rassurant : « Monaco n’a pas d’ennemis clairement identifiés mais il est important de se prémunir ».

Conférence de Génération Monaco

© J-P Debernardi – Génération Monaco

Des propos qui ont fait écho à ceux de José Badia, Monégasque, ancien ministre des Relations extérieures et de la Coopération ainsi qu’ex-conseiller national de 2018 à 2023. Il a conclu la présentation : « J’écarterais le risque d’annexion du territoire monégasque par l’un de ses voisins : la France ou l’Italie ».

Face à l’instabilité constatée en Europe, « la Principauté est considérée comme un État stable au sein duquel les exilés fortunés trouvent un point d’ancrage au ban de l’Europe ». Si cette attractivité de Monaco persiste, il a en revanche appelé à « rester attentif aux risques internes, comme aux éventuelles tensions sociales ».

La prochaine soirée de Génération Monaco est annoncée pour le 23 septembre sur la thématique du digital et de l’intelligence artificielle.

Délia KRIEL

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